A Research Institute on Canadian / Latin American & Caribbean Relations.

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• To promote knowledge and raise mutual understanding between the peoples and governments of Canada, Latin America and the Caribbean.
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Advocates mutual respect, social justice, sovereignty, solidarity, dialogue, cooperation and sustainable development.

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Stands for Social Justice, Peace, Democracy and People’s Self-determination, All Human Rights and Environmental Sustainability.

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• We work to influence foreign policies and public opinion, disseminate accurate information, carry out research and promote exchanges between writers, social movements, indigenous peoples and researchers.
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Focuses on People, Knowledge, Communications, Advocacy, Media Monitoring and Outreach Communities.

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Carries out Research, Studies, Media Analysis, Electoral Accompaniment, and produce Accurate Information.

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• We carry out research, studies and exchanges among scholars, writers and social activists, monitor and analyse media reporting, accompany electoral processes, inform policy decision-makers, advisors, analysts, organizations and the public, disseminate accurate information on political, social, environmental and economic issues and progressive accomplishments.
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13
Juin

Dr. María Páez Víctor : « Les États-Unis se sont opposés, ont déstabilisé, renversé ou assassiné chaque réformateur progressiste apparu sur la scène politique dans la région depuis plus d’un siècle »

L’élite vénézuélienne a montré par sa violence épouvantable dans l’opposition qu’elle est égoïste, vile et raciste, au point de payer des criminels pour mettre le feu aux bâtiments publics, tuer des p
27
Juil

Entretien avec Maria Victor par RCI (en espagnol): « Les Etats-Unis cherchent à reprendre le pétrole vénézuélien »

RCI - Radio Canada Internacional Rufo Valencia | amlat@rcinet.ca Miércoles 26 julio, 2017 Centre de Politiques Canadien, Amerique latine & Caraïbes a récemment publié un article intitulé « L'oppo...

Dr. María Páez Víctor : « Les États-Unis se sont opposés, ont déstabilisé, renversé ou assassiné chaque réformateur progressiste apparu sur la scène politique dans la région depuis plus d’un siècle »

L’élite vénézuélienne a montré par sa violence épouvantable dans l’opposition qu’elle est égoïste, vile et raciste, au point de payer des criminels pour mettre le feu aux bâtiments publics, tuer des passants, attaquer une maternité, lancer des grenades à partir d’un hélicoptère sur la Cour suprême, détruire les bus publics et, le plus horrible, de mettre le feu aux jeunes hommes « qui avaient l’air Chavistes », en d’autres termes, qui avaient la peau sombre.

Mohsen Abdelmoumen

Mohsen Abdelmoumen : Pouvez-vous nous dire quelle est la situation qui prévaut actuellement au Venezuela ?

Dr. María Páez Víctor : Il y a 6 questions clés pour comprendre la situation au Venezuela.

1) Le pétrole : La première chose à comprendre est que tout tourne autour du pétrole. Le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole connues dans le monde dans un emplacement géographique hautement stratégique. Il faut 43 jours pour qu’un pétrolier voyage du Moyen-Orient aux raffineries du Texas, alors qu’il ne faut que 4 jours à partir du Venezuela. Les compagnies pétrolières et les gouvernements qu’elles soutiennent, convoitent le pétrole vénézuélien. Si le pays ne produisait que des mangues, personne ne se soucierait de ce qu’il s’y passe. Le gouvernement vénézuélien a pris le contrôle de sa compagnie pétrolière (PDVSA), a ouvert des contrats de partenariat privé pour l’exploitation pétrolière mais avec l’État qui détient la majorité des parts, leur a fait payer des taxes qui avaient été à 1% pendant 60 ans. Le revenu pétrolier – au lieu d’être distribué aux élites d’entreprises – a été utilisé pour financer les services publics nécessaires qui, pendant des décennies, n’avaient pas réussi à répondre aux besoins de la population.

2) La souveraineté : Un gouvernement qui ne suit pas la ligne des États-Unis, ne se plie pas aux dictatures néolibérales du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, insistant sur le fait que son peuple est souverain et décidera de son propre avenir et aspire à construire une société socialiste et humaniste, ne sera pas toléré par la superpuissance restante. Surtout un pays de la région, que les États-Unis considèrent encore comme leur « arrière-cour ». Comment le gouvernement vénézuélien a-t-il osé nationaliser ses ressources naturelles, sortir son armée de l’infâme École militaire des Amériques et vendre son pétrole à d’autres pays, et non exclusivement aux États-Unis !

3) La guerre économique : Il y a un plan systématique et stratégique conçu par Washington pour priver les Vénézuéliens de nourriture et de médicaments. Ses exécuteurs sont les grandes sociétés, l’élite commerciale et les banques. Cela ne pourrait pas être plus clair. En 1972-1973, les États-Unis, scandalisés par le fait que le Dr. Salvador Allende, un communiste, avait gagné les élections au Chili, ont promis de se débarrasser de lui. Le président Nixon a déclaré : nous allons faire crier l’économie du Chili. Et c’est arrivé. Avant le terrible coup d’État qui a coûté la vie d’Allende, l’économie chilienne était sujette à la thésaurisation, à la rareté induite, à l’inflation, aux manipulations monétaires, au sabotage et à la contrebande. C’est le même scénario au Venezuela mais encore pire. Cela fait maintenant 5 ans de guerre économique, où les élites économiques vénézuéliennes, les laquais des puissances étrangères, sont tellement soutenues financièrement qu’elles peuvent mettre en œuvre la thésaurisation, le sabotage, l’entreposage, la manipulation monétaire, l’exclusion financière et la contrebande.

4) Une élite corrompue et raciste : L’élite du Venezuela contrôlait le gouvernement depuis des années – ils étaient les bénéficiaires de tous les revenus pétroliers. Pendant 40 ans, ils se sont approprié et ont dépensé l’équivalent de 12 plans Marshall. En 1999, lorsque le président Hugo Chávez a été élu, la pauvreté se situait entre 60 et 80% et l’extrême pauvreté et la malnutrition affectaient un tiers de la nation. La révolution bolivarienne du Venezuela a considérablement réduit la pauvreté, la malnutrition et le vagabondage, et a fourni des soins de santé universels et une éducation gratuite de la crèche à l’université. Elle a construit 2 millions de logements sociaux ces dernières années.

L’élite vénézuélienne a montré par sa violence épouvantable dans l’opposition qu’elle est égoïste, vile et raciste, au point de payer des criminels pour mettre le feu aux bâtiments publics, tuer des passants, attaquer une maternité, lancer des grenades à partir d’un hélicoptère sur la Cour suprême, détruire les bus publics et, le plus horrible, de mettre le feu aux jeunes hommes « qui avaient l’air Chavistes », en d’autres termes, qui avaient la peau sombre. Cette élite ne se soucie pas de savoir combien son propre peuple souffre tant que les puissances étrangères ne lui auront pas rendu le gouvernement qu’elle est incapable de gagner aux urnes. Les principaux dirigeants de l’opposition ont parcouru le monde en demandant aux pays puissants de sanctionner et d’isoler diplomatiquement et financièrement leur propre pays, sans se soucier que la nourriture et les médicaments se raréfient.

5) Un excellent processus d’élection : Il est scandaleux, même dans ce climat politique de mensonges et de désinformation, que l’on puisse considérer que le gouvernement vénézuélien n’est pas démocratique et que le président Maduro est un dictateur. En 19 ans, il y a eu 23 élections différentes, toutes surveillées par des témoins nationaux et internationaux et le gouvernement en a gagné la plupart mais en a aussi perdu quelques-unes. Et on retiendra que l’ex-président des États-Unis, Jimmy Carter, a déclaré en 2012 que : « En fait, sur les 92 élections que nous avons suivies, je dirais que le processus électoral au Venezuela est le meilleur au monde. » La protection anti-fraude du système est très efficace car chaque vote a trois garanties : une empreinte digitale, un vote électronique et un reçu papier. De plus, il y a une forte présence d’observateurs nationaux et internationaux. Ironiquement, ni les États-Unis, ni le Canada, ni la plupart des pays européens n’acceptent des observateurs internationaux à leurs élections.

6) Les élections présidentielles le 20 mai 2018 : Les États-Unis et leurs alliés sont impliqués dans la subversion et la disqualification de la démocratie vénézuélienne en discréditant les prochaines élections présidentielles du 20 mai. Après avoir agressivement exigé ces élections, maintenant ils les décrient et exigent qu’elles soient stoppées parce qu’ils savent que la majorité des Vénézuéliens soutiennent leur propre gouvernement.

Dans un exemple étonnant d’hypocrisie de la mentalité coloniale, le Parlement européen a adopté le 3 mai une résolution (492 voix pour, 87 contre, 77 abstentions) exigeant que le Venezuela suspende les élections présidentielles. L’arrogance européenne tend manifestement à exiger qu’un autre pays (même extérieur à l’Europe !) ne respecte pas sa propre loi, ses règlements électoraux et ses arrangements négociés avec les dirigeants de leur opposition.

Les États-Unis, le Canada, l’Union européenne, l’OEA (ndlr : Organisation des États américains) et le soi-disant Groupe de Lima des laquais de l’aile droite des gouvernements de la région sont en train d’attaquer les élections qu’ils avaient réclamées l’année dernière. Les lois vénézuéliennes stipulent que les élections devaient avoir lieu en décembre 2018, mais ils voulaient les élections l’année dernière. Le gouvernement a négocié avec l’opposition en République dominicaine et une date d’avril 2018 a été convenue. L’opposition a demandé plus de temps. Le gouvernement a de nouveau accepté et ils ont arrêté la date du 20 mai 2018.

Maintenant, l’Union européenne dit qu’elle « n’accepte pas » les élections parce qu’il n’y a pas de « garanties », sans préciser ce qu’elles signifient, ils demandent un « retour à l’ordre constitutionnel » sans allusion ni tentative de connaître et de comprendre les lois et la Constitution vénézuéliennes.

En fait, c’est la stratégie d’abstention des États-Unis que les principaux leaders de l’opposition suivent pour que les élections puissent être disqualifiées. Ils ont refusé de se présenter aux élections et exhortent les gens à ne pas voter. Le gouvernement a demandé à maintes reprises à ces partis d’opposition de se présenter aux élections. Ils essaient de diaboliser un système électoral autrement performant. En somme, c’est un montage, un scénario de théâtre pour continuer à diaboliser, contrarier et sanctionner un gouvernement qu’ils souhaitent renverser. Heureusement, l’opposition est divisée et quelques dirigeants se présentent aux élections, malgré les critiques acerbes de leurs propres camarades opposants.

Entretemps, une société de sondage la plus respectée au Venezuela a eu récemment des résultats intéressants liés aux élections présidentielles du 20 mai :

  • 86% de Vénézuéliens rejettent toute intervention internationale dans le pays
  • 70% des Vénézuéliens disent qu’ils vont participer aux élections – c’est une autre défaite pour la section de l’opposition, soutenue par Washington, qui appelle à l’abstention
  • 55% déclarent qu’ils vont voter pour Maduro
  • 11% déclarent qu’ils voteront pour Henri Falcon
  • 2% déclarent qu’ils voteront pour Javier Bertucci
  • 50% déclarent considérer le fonctionnement de l’Assemblée constitutionnelle nationale comme: « Très bon, bon ou normal à bon »
  • 71% considèrent que Maduro va gagner les élections (2 mai 2018, TELESUR)

Il y a une forte confiance que la Démocratie au Venezuela est vivante et bonne, et c’est pourquoi les États-Unis, le Canada, l’Union européenne et ses alliés en ont peur.

En résumé, les Etats-Unis et leurs alliés au Canada et en Europe sont impliqués dans une conspiration visant à renverser le gouvernement démocratique et populaire de Nicolás Maduro parce qu’ils veulent contrôler le plus riche gisement de pétrole du monde qui se trouve au Venezuela et ils veulent un gouvernement servile et obéissant qui acceptera les pots-de-vin et permettra aux États-Unis et à ses multinationales de gouverner et d’opprimer le peuple vénézuélien comme il l’a fait ces 40 dernières années avant le président Hugo Chávez.

Comment expliquez-vous l’acharnement de l’impérialisme US à vouloir déstabiliser tous les gouvernements progressistes d’Amérique Latine ?

Y a-t-il une explication adéquate de la cupidité, des préjugés et de l’orgueil de vouloir dominer le monde?

Il y a la question des ressources naturelles dont les États-Unis ont besoin pour leur capitalisme vorace. Ils ont épuisé ou ont perdu des ressources en raison du manque de protection de l’environnement et du consumérisme effréné. La région latino-américaine étincelle avec des richesses incalculables – un autre El Dorado pour ce « capitalisme sauvage » comme Chavez l’a appelé.

La quête de pouvoir des États-Unis est masquée par l’idée de son « exceptionnalisme », semblable à l’adoption par l’Empire britannique du « fardeau de l’homme blanc » comme prétexte pour opprimer les autres nations. Il existe un historique, une preuve évidente, que les États-Unis se sont opposés, ont déstabilisé, renversé ou assassiné chaque réformateur progressiste apparu sur la scène politique dans la région depuis plus d’un siècle. Leurs politiques agressives remontent au XIXe siècle quand ils ont ouvertement volé au Mexique, par les guerres et la duplicité, 50% de ses terres du Sud-Ouest actuel qui comprennent la Californie, le Texas, le Nouveau-Mexique, l’Arizona, le Nevada, l’Utah, le Colorado, le Wyoming, le Kansas et l’Oklahoma. La Doctrine Monroe est un document de colonialisme flagrant dans lequel les États-Unis s’attribuent la « protection » de la région. La création de l’Organisation des États américains est l’instrument par lequel les États-Unis ont manœuvré pour imposer leurs politiques à la région et ont donné à la sinistre École des Amériques les moyens par lesquels ils contrôlaient les forces armées des différents pays. Le FMI et la Banque mondiale sont devenus le leurre venimeux par lequel leurs économies ont été prises au piège de l’usure. L’acharnement des États-Unis est un mélange de cupidité – en voulant leurs ressources naturelles et leur expansion pour leurs sociétés capitalistes – et aussi de préjugés. Leur propension raciste remonte très profondément dans la culture et l’histoire des États-Unis. Les restes de leur guerre civile sanglante restent visibles aujourd’hui dans le traitement des citoyens noirs, qui sont emprisonnés de manière disproportionnée et tués par la police. Les personnes noires et brunes d’Amérique latine et des Caraïbes semblent être considérées comme des êtres inférieurs. Récemment, le président Trump a qualifié les Mexicains de criminels et de violeurs et les nations africaines de « trous à rats ».

Quelle est votre analyse à propos de la destitution de Dilma Roussef et de l’emprisonnement de l’ancien président Lula? A votre avis, est-ce un hasard qu’on emprisonne le président Lula alors que tous les sondages le donnaient vainqueur lors des futures élections brésiliennes ? Ne pensez-vous pas qu’il s’agit d’une vulgaire manipulation et d’un complot ?

Nous assistons à la corruption du cadre même de la démocratie, comme nous l’avons compris jusqu’à présent. C’est ce qu’on appelle une guerre juridique par laquelle le Parlement et les pouvoirs judiciaires sont manipulés de manière à éliminer les opposants politiques et à se moquer des préférences électorales d’un peuple. C’est ainsi que Dilma Rousseff, Lula et Cristina Fernandez ont été écartés. Ils essaient de faire la même chose à Rafael Correa qui, même hors du pouvoir, est considéré comme une menace. Ils essaient de faire la même chose au président Maduro en organisant des procès extraterritoriaux ridicules en essayant de manipuler les lois internationales. Rien de tout cela n’a à voir avec la justice ou la démocratie, mais pour éliminer les puissants opposants politiques par d’autres moyens que les élections parce que la droite ne peut pas obtenir le vote populaire. Leur sectarisme, leur étroitesse d’esprit, leurs « mesures d’austérité » pour réduire l’État-providence sont autant de questions qui ne poussent pas les gens à voter pour eux, à moins, bien sûr, de mentir sur ce qu’ils ont l’intention de faire (comme Macri et Lenin Moreno).

La guerre juridique tord et déforme la primauté du droit, ce qui est une chose très dangereuse à faire. Ces partisans de la droite ne respectent pas les règles de la démocratie représentative. Afin de contrôler l’administration gouvernementale, ils sont prêts à frapper les piliers de l’État lui-même. Dans leur corruption, en fonction de leurs ambitions, ils discréditent le Pouvoir Judiciaire et le Pouvoir Législatif. Cela conduira inévitablement l’aile gauche et le gouvernement progressiste (et ils reviendront au pouvoir) à réécrire les règles de la démocratie en renforçant la Démocratie Participative, en démocratisant les banques et les médias qui se sont prostitués sur l’autel de la servilité débridée devant les puissants et en mettant en œuvre de nouvelles lois créatives pour protéger les droits de l’homme et la volonté du peuple.

Comment expliquez-vous le fait que l’extrême-droite revient en force en Amérique Latine, notamment au Brésil et en Argentine, après avoir eu des gouvernements progressistes ?

Certains gouvernements progressistes, notamment le Brésil, l’Argentine et même l’Équateur, pensaient que la victoire aux élections politiques était suffisante. Ils jouaient avec un jeu de cartes dont ils ne se rendaient pas compte qu’il était marqué contre eux. Le pouvoir de l’aile droite (et de leurs soutiens étrangers) a été sous-estimé, et l’influence étrangère n’a pas été vérifiée. Par exemple, en dépit du fait que le personnel de l’ambassade des États-Unis rencontre l’opposition, la récompense et la finance, peu de choses ont été faites pendant de nombreuses années. Des consultants étrangers et des fonds étrangers ont été acheminés vers des ONG d’opposition. Rien de tout cela n’aurait été toléré aux États-Unis, au Canada ou en Europe. Au Brésil, le changement politique sous Lula n’a pas été reflété dans les changements structurels juridiques, comme ils étaient au Venezuela, et une forte alliance avec les mouvements sociaux a été défectueuse.

L’une des premières choses que le président Chávez a faite a été d’appeler à une nouvelle Constitution qui était cruciale pour réaliser le genre de changement dont le pays avait besoin. De même, au Venezuela, les mouvements sociaux de toutes sortes (indigènes, agraires, culturels, étudiants, centrés sur le genre, travailleurs, etc.) ont été incorporés comme acteurs sur la scène politique, ce qui a conduit à une profonde « conscientisation » (comme le célèbre éducateur brésilien Paulo Freire aurait dit) dans lequel un peuple prend conscience de son oppression, de sa situation dans le domaine politique et de commencer à agir comme une classe unie à elle-même (comme Marx l’aurait dit). Cela s’est moins produit dans les autres pays où la droite est revenue au pouvoir. Mais l’expérience et la nécessité sont de grands enseignants, et les gens dans les pays où la droite a aujourd’hui le contrôle prendront bientôt une autre direction.

La vérité est que ce sont les gouvernements de gauche qui rétablissent très souvent les droits de l’homme et protègent la démocratie dans la région. Les gouvernements de droite en Amérique latine sont incapables de contrôler le vote populaire et sont arrivés au pouvoir par la corruption (Pérou, Colombie, Panamá), la fraude (México), le coup d’État (Honduras) et les coups d’État parlementaires et juridiques (Brésil, Paraguay). Macri et l’Équateur sous Moreno sont les seules exceptions, car ils ont clairement remporté les élections, mais certains diraient en masquant leurs intentions réelles. Nous verrons une nouvelle « marée rouge » et plus tôt que tard dans la région, car une fois que les gens auront goûté à la souveraineté, ils ne reviendront probablement pas à leurs chaînes.

Nous avons des informations sur la présence d’éléments terroristes de Daech qui seront utilisés contre ce qui reste de gouvernements progressistes en Amérique Latine, par exemple le Venezuela. Avez-vous des informations à ce sujet ?

Je n’ai pas d’informations personnelles, seulement ce que m’ont dit les gens le long de la frontière avec la Colombie : le danger de raids continus par des paramilitaires, le meurtre de dirigeants communautaires par ces tueurs payés, et la contrebande organisée flagrante qui s’y produit. La Colombie a une histoire terrifiante de violence, de meurtres et de massacres. La semaine dernière, des fosses communes avec 9000 corps ont été trouvées dans ce pays. La coopération de l’armée colombienne avec les mafias paramilitaires et narcotrafiquantes est légendaire. Et avec sept bases militaires américaines en Colombie, il n’est pas du tout improbable qu’il y ait des plans pour déclencher la terreur au Venezuela afin de renverser le gouvernement. Selon le président colombien Santos, 3000 soldats colombiens sont actuellement envoyés à la frontière, prêts pour une intervention « humanitaire » au Venezuela. Si une invasion survient, il y aura une guerre à grande échelle et elle engloutira la région.

Une nouvelle importante que la presse mondiale a refusé de publier est que le rapporteur officiel indépendant des Nations Unies, le professeur Alfred M. Zayas, a déclaré il y a quelques semaines qu’il n’y avait pas de « crise humanitaire » au Venezuela malgré les reportages et les généralisations. « … la population ne souffre pas de la faim comme dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie – ou même dans les favelas de São Paolo et d’autres zones urbaines du Brésil et d’autres pays latino-américains … la « crise humanitaire » peut être facilement exploitée pour justifier un « changement de régime », sous prétexte que le gouvernement laisse la population mourir de faim. Certains États prétendent que le gouvernement vénézuélien ne peut plus garantir les droits du peuple. Par conséquent, une crise humanitaire a émergé et maintenant ils veulent intervenir militairement pour « sauver » le peuple vénézuélien d’une expérience socialiste ratée. » (venezuelanalysis.com/analysis/13614)

J’ai interviewé son Excellence l’ambassadrice du Venezuela auprès de la Belgique et de l’Union européenne, Madame Claudia Salerno Caldera, et je l’ai interrogée sur l’éventualité d’une intervention militaire américaine au Venezuela. Elle m’a répondu par l’affirmative. Pensez-vous que les USA peuvent intervenir militairement contre le gouvernement légitime du président Maduro ?

Avec un tel déséquilibré à la Maison Blanche, toute imprudence est possible. Cependant, je pense qu’ils utiliseraient des troupes colombiennes et peut-être du Brésil et de la Guyane. Pourquoi risquer vos propres soldats quand vous avez de la chair à canon à votre disposition auprès de gouvernements aussi avides et avilis?

Cependant, la Colombie organise des élections présidentielles le 27 mai, soit 7 jours après les élections vénézuéliennes (20 mai). Cela signifie que le gouvernement colombien ne peut pas envahir le Venezuela avant cette date de peur de risquer sa campagne électorale, ce qui n’est pas bon pour le gouvernement. De même, il y a des millions de Colombiens qui se sentent favorables à un Venezuela qui a si bien traité leurs 2 millions de compatriotes qui y résident maintenant. Ainsi, une incursion colombienne à l’intérieur du Venezuela risque également de provoquer de graves troubles intérieurs pour le gouvernement, ce qui a certainement empêché la Colombie d’entrer au Venezuela pendant toutes ces années.

L’armée colombienne est de trois fois la taille de l’armée vénézuélienne. Elle est expérimentée dans la guerre car elle combat les guérillas depuis 50 ans, et elle dispose de ressources et d’armes à travers les sept bases de l’armée américaine qui y sont stationnées. Cependant, c’est en grande partie une armée démoralisée qui n’a pas le quart du moral et la détermination de l’armée du Venezuela, l’armée de Bolívar. Et quiconque connaît les questions militaires vous dira que le moral d’une armée est essentiel au succès. En outre, le Venezuela a un peuple uni, inspiré et très fier qui défendra farouchement ses terres.

Le gouvernement vénézuélien n’est pas seul; il a le soutien de nombreux pays non alignés, et non des moindres, de la Chine et de la Russie, la plupart des Caraïbes, y compris, bien sûr, Cuba. La Russie et la Chine ont toutes deux mis en garde les Etats-Unis de ne pas interférer dans le gouvernement du Venezuela. Leurs investissements au Venezuela sont substantiels et ils ne seraient pas prêts à voir le Venezuela envahi. Ces investissements sont très bien accueillis par les pays latino-américains car ils ne viennent pas avec des « conditions contraignantes » de politique comme les investissements du FMI et de la Banque mondiale. Ils sont un autre problème douloureux pour les États-Unis.

Comment expliquez-vous les sanctions que les États-Unis et l’Union Européenne veulent imposer au gouvernement légitime du président Maduro ?

Les sanctions américaines font partie de leur guerre économique contre le Venezuela. Elles sont une violation du droit international : elles sont contre les chartes de l’ONU et de l’OEA (ndlr : Organisation des États américains), contre le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et le Pacte international relatif aux droits économiques, civils et culturels et constituent un crime contre l’humanité parce qu’elles créent intentionnellement la souffrance du peuple. En bref, elles sont immorales car elles empêchent le pays d’acheter de la nourriture et des médicaments.

Les gouvernements canadien et européen s’inclinent honteusement devant le président le plus ignorant et le plus vénal des États-Unis. Le Venezuela ne signifie rien pour ces pays, alors ils pensent : » Laissons à Trump sa marotte et laissons-lui le Venezuela. Ces sanctions ne nous affectent pas du tout, et peut-être que nous pourrons obtenir le « bon» côté de Trump. » Pathétiquement, ils pensent qu’il a un bon côté. Le Canada se donne un mal fou pour plaire à Trump afin qu’il ne jette pas l’accord de l’ALENA à la poubelle et l’Union européenne continue de penser que Trump est un allié respectable. On pourrait s’attendre à ce que des alliés, des gouvernements favorables aux États-Unis comme ceux-ci essaient d’influencer un président néophyte et erratique des États-Unis vers une coexistence pacifique avec d’autres pays. Ils devraient apprendre la dignité et la droiture des nations des Caraïbes au lieu de complimenter la brute en lui tapant dans le dos.

D’après vous, l’impérialisme US et ses larbins cesseront-ils un jour de vouloir déstabiliser des pays et imposer leurs diktats aux peuples ?

À court terme, sous cette administration Trump, non. Cependant, à long terme, quand leur déficit de plusieurs milliards de dollars frappera enfin le mur et qu’ils verront que le dollar n’est plus la monnaie universelle du commerce, ils pourraient se relâcher car leurs problèmes intérieurs seront prioritaires au lieu d’essayer de dominer d’autres terres. Ce que je souhaite pour le peuple des États-Unis, c’est un leader, un parti, un gouvernement, qui s’occupera de leurs besoins en matière d’éducation, de santé et de logement, qui se rendra compte qu’être le gendarme du monde ne vaut pas leur souffrance et que la coopération et la solidarité avec les peuples du monde récolteront beaucoup de richesses dont ils ignorent l’existence. Pour cela, ils doivent arriver à la conclusion que leur complexe militaro-industriel ne leur a apporté que le mal, la dépression, la pauvreté, la mort et le mépris de la majeure partie du monde.

J’ai été très impressionnée que Bernie Sanders ait été capable d’attirer les jeunes d’une manière politique significative, et le fait qu’il a rendu le mot socialisme acceptable sur la scène politique américaine – c’est un véritable exploit ! Alors peut-être qu’il y a encore de l’espoir pour les États-Unis – et le monde.

Que reste-t-il de crédibilité à ces médias au service de l’impérialisme qui sont financés par les multinationales et qui passent leur temps non pas à dire la vérité mais à diffuser de l’intox et à relayer la propagande de l’impérialisme pour destituer des pouvoirs politiques légitimes comme celui du président Maduro ?

Ce n’est pas un problème si compliqué, il suffirait que des gouvernements courageux démantèlent les conglomérats médiatiques, interdisent ces monopoles. Si cela se produit, nous pouvons avoir de nombreux médias, des penseurs indépendants, un journalisme créatif, et enfin, une presse qui a de vraies normes et réglementations. En d’autres termes, nous avons besoin de la démocratisation de la presse, en la dissociant des grandes sociétés, des Murdoch et d’autres de ce monde. Lorsque très peu de gens possèdent des journaux, la télévision et la radio, quand ce sont les grandes entreprises qui décident ce que nous entendons et apprenons, nous devenons asservis à leurs fausses informations et leurs contrevérités pour le bénéfice de leurs intérêts économiques et politiques. Nous sommes confrontés à de vagues notions de « droit de savoir » et de « liberté de la presse » qui ne fonctionnent que dans un seul sens.

Le Venezuela a été clairement victime d’une campagne médiatique de mensonges et d’exagérations pour dénigrer un gouvernement que le Département d’État américain veut détruire. Ainsi des histoires de « Vénézuéliens mangeant des animaux du zoo » « des gens tuant des chevaux », « des mères abandonnant des enfants au bord de la route », « les gens meurent de malnutrition », « les peuples indigènes apprennent l’arabe » (comme si c’était un crime), « Maduro veut être président à vie » sont tous des mensonges élaborés qui sont présentés comme des faits.

Lorsque le président Chavez a été confronté à l’opposition ouverte et militante de la principale chaîne de télévision et de radio de son pays qui est une propriété privée, il ne les a pas fermés (comme un dictateur l’aurait fait). Il a octroyé les moyens par lesquels des centaines de quartiers pauvres et de conseils communaux ont pu établir leurs propres stations de radio locales et même des stations de télévision, où les gens pouvaient exprimer leurs propres préoccupations, créer leurs propres programmes qui les intéressaient vraiment. C’était un moyen de démocratiser les médias. Ce ne sont pas des médias contrôlés par le gouvernement, ce sont de véritables médias communautaires indépendants, en effet, ils n’hésitent pas à critiquer et à signaler les lacunes de l’administration.

L’impérialisme US et ses alliés continuent à nous gaver avec « les droits de l’homme », « la démocratie » et la « liberté d’expression », alors qu’ils font l’inverse en déstabilisant des pays et en intervenant partout dans le monde. Comment qualifiez-vous ces actes hostiles qui visent des États souverains ? À votre avis, les États-Unis sont-ils une vraie démocratie où le peuple détient le pouvoir, ou bien est-ce plutôt une minorité qui dirige ?

Au Canada, nous recevons, sans l’avoir sollicité, le New York Times avec l’édition dominicale de l’un de nos principaux journaux. Depuis, je suis consternée par les mensonges du NYT au sujet du Venezuela, la seule partie que je lis est son encart du Sunday Book Review. Il y a une semaine, ils ont passé en revue 4 livres, qui avaient tous une variante du titre: ce qui ne va pas avec la démocratie aux USA. Ainsi, ce ne sont pas seulement certains d’entre nous, en dehors des États-Unis, qui ont observé la détérioration constante de leur vie sociale et politique, mais des gens réfléchis et intelligents des États-Unis qui constatent et ressentent cette détérioration.

L’Idole de guerre imprègne cette société avec ses guerres de conquête, ses bombes et ses drones, ses prisons secrètes, son acceptation de la torture, son traitement révoltant des Noirs et des Hispaniques, sa position prédatrice envers la Nature, sa culture des armes à feu, son record honteux d’emprisonnement, sa faible participation électorale, ses massacres aux armes à feu, son industrie de l’armement, sa violence, et son industrie du divertissement obsédée par le sexe, tout cela use petit à petit le sain, le positif, les idéaux affirmant la vie qui peuvent flotter dans l’imagination collective et le désir des citoyens américains. Sa démocratie, et le tissu même de leur vie sociale en tant que nation, est un objet d’inquiétude même pour ses citoyens. Les États-Unis arrivent à un carrefour où ils devront choisir entre un mode de vie qui adore la Mort et la Conquête ou celui qui adore la Vie et la Paix.

L’heure est grave. Je suis Algérien et mon pays qui est un allié du Venezuela est visé par différents cercles occultes liés à l’impérialisme. Ne pensez-vous pas que des pays comme l’Algérie, le Venezuela, Cuba, etc. doivent constituer un front commun plus que jamais nécessaire pour la sauvegarde de leur souveraineté ? N’y a-t-il pas nécessité d’un front mondial contre l’impérialisme ?

Absolument, et ne pensez pas que cela n’arrive pas. Le Venezuela a cultivé des liens solides avec Cuba, la Bolivie, le Nicaragua, les Caraïbes, de nombreux pays africains et ex-soviétiques, l’Algérie et d’autres pays arabes, l’Inde, la Chine et la Russie. Voyez les votes à l’ONU et à l’OEA où les États-Unis n’ont pas réussi à condamner le Venezuela parce qu’ils ne peuvent pas obtenir les votes.

Il y a quelques jours à peine, le nouvel ambassadeur des États-Unis auprès de l’OEA, Carlos Trujillo, menaçait avec la plus grande arrogance les pays des Caraïbes pour leur soutien au Venezuela : « nous ne permettrons pas aux Caraïbes de bloquer les efforts de la majorité des pays de la région pour faire pression sur le gouvernement du Venezuela » (2018/05/18 apporea.com).

Il y a de la force dans l’unité et ces pays partagent des défis similaires et affrontent pratiquement les mêmes ennemis. L’organisation ALBA est un excellent exemple de solidarité internationale créative, dans laquelle les pays se regroupent pour fabriquer les médicaments dont ils ont besoin, promouvoir l’agriculture pour leurs consommations domestiques et répondre à leurs besoins éducatifs. PETROCARIBE est un autre exemple de solidarité internationale créative dans laquelle le pétrole vénézuélien est disponible pour les petits pays des Caraïbes sous conditions spéciales. Je souhaite plus d’organisations comme ALBA et PETROCARIBE.

Israël continue à tuer les Palestiniens notamment lors des manifestations récentes réclamant le droit de retour. Comment se fait-il qu’Israël reste impuni pour les nombreux crimes qu’il continue à commettre ?

Je n’ai pas d’idée particulière sur le Moyen-Orient, je ne connais pas l’arabe, je ne connais pas personnellement la région, je n’ai pas plus d’informations que ce que j’ai lu dans les médias. Et je me méfie tellement de ce qu’il y a à lire : si la presse ment au sujet de l’Amérique latine dont je connais tant de choses, ne mentira-t-elle pas sur une région dont je connais si peu ?

Cependant, mon opinion personnelle et en aucun cas celle d’un expert, c’est que soit vous tuez votre ennemi ou soit vous vous asseyez avec lui et vous négociez. Il n’y a pas de voie médiane. La violence engendre la violence et c’est un truisme avisé. Les Palestiniens qui souffrent depuis longtemps ont fait les frais d’un voisin très puissant. Je suis désolée, mais je n’en sais pas assez sur la situation pour donner une idée plus profonde, sauf qu’une solution à deux États semble être ce qui peut apporter la paix avec la justice. Et qu’en Israël, le mouvement de paix là-bas devra être un élément clé de cette solution politique pour faire pression sur leur propre gouvernement.

Comment expliquez-vous qu’à chaque fois que des résistants et des Justes soutiennent la cause du peuple palestinien, ils sont qualifiés d’antisémites ?

C’est une injure qui est très dangereuse à lancer car nous connaissons tous l’effroyable mort et la destruction que de vrais antisémites ont commis historiquement en Europe. D’un autre côté, il y a des gens qui accusent les autres d’être des sionistes quand ils ne sont pas d’accord sur un point qu’ils n’aiment pas. Ce sont des insultes ad hominem que les gens médiocres utilisent quand ils n’ont plus d’arguments. Dans une situation polarisée, ces insultes n’aident personne et ne contribuent pas à trouver des solutions et sont assez méprisables. Nous vivons à une époque où – impensable – les fascistes se lèvent dans toutes sortes de pays, les charlatans politiques se moquent des valeurs que nous pensions être universellement tenues, un temps pour les tweets irresponsables, des courriels lâches, des projections de boue sans se soucier de l’endroit où elle atterrit, et d’un journalisme médiocre et sans discernement. Mais nous devons nous élever au-dessus de tout cela, maintenir nos principes et nos valeurs, refuser de jouer à leurs jeux sales, donner l’exemple et préserver notre propre dignité.

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen

Qui est María Páez Víctor ?

Le Dr. Maria Páez Victor est une sociologue, née au Venezuela et éduquée à Caracas, New York, Mexico, en Angleterre et au Canada. Pendant plusieurs années, elle a enseigné la sociologie de la santé et de la médecine ainsi que les politiques en matière de santé et d’environnement à l’Université de Toronto. Le Dr Páez Victor a une expérience nationale et internationale dans l’analyse des politiques et l’évaluation de l’impact de l’environnement et de l’énergie, avec une expertise dans les domaines de la santé. Elle est un membre actif de la communauté latino-américaine au Canada.

Elle a administré les Bourses de développement de l’énergie durable, un programme international de bourses d’études supérieures des entreprises d’énergie du G8, de 2002 à 2011. Conférencière à l’Université de Toronto, elle donne des cours de sociologie de la santé et de la médecine; des cours sur les politiques de santé et d’environnement à temps partiel, de 1992 à 1996 et de 2003 à 2005. Elle a obtenu son doctorat (Sociologie) à l’Université York, Toronto, Canada en 1987. Elle a été volontaire, à l’hôpital Mater Misericordia de Nairobi, au Kenya, de 1985 à 1987.

Published in American Herald Tribune, May 19, 2018: https://ahtribune.com/world/americas/2264-maria-paez-victor.html

In Palestine Solidarité: http://www.palestine-solidarite.org/analyses.mohsen_abdelmoumen.200518.htm

In Le Grand Soir: https://www.legrandsoir.info/les-etats-unis-se-sont-opposes-ont-destabilise-renverse-ou-assassine-chaque-reformateur-progressiste-apparu-sur-la-scene.html

Traduzido para o português em resistir.info: https://www.resistir.info/venezuela/desestabilizacao_parte_1.html

Dr. María Páez Víctor: “The USA Has Opposed, Destabilized, Overthrown or Assassinated Every Progressive Reformer That Has Appeared On the Political Scene in the Region For More Than a Century”

The Venezuelan elite has shown by its appalling violence in opposition that it is selfish, vile, and racist, to the point of paying criminals to set fire to public buildings, killing passersby, attacking a maternity hospital, throwing grenades from a helicopter at the Supreme Court, destroying public busses and most horrific, setting fire to young men “who looked Chavista”, in other words, they were dark skinned.

BY Mohsen Abdelmoumen

American Herald Tribune

Mohsen Abdelmoumen: Can you tell us what the current situation is in Venezuela?

Dr. María Páez Víctor: There are 6 key issues to understanding the situation in Venezuela.

1. Petroleum:The first thing to understand is that it is all about the oil. Venezuela has the largest known oil reserves in the world in a highly strategic geographical location. It takes 43 days for an oil tanker to travel from the Middle East to the Texas refineries, while it only takes 4 days for one to go from Venezuela there. The oil companies, and governments they support, covet Venezuelan oil. If the country only produced mangos no one would care what happened there. The Venezuelan government took control of its oil company (PDVSA), opened up private/partnership contracts for oil exploitation but with the state owning the majority shares, made them pay taxes that had been at 1% for 60 years. The oil income –instead being distributed to elite businesses- has been used to fund the necessary public services that for decades had failed to meet the needs of the population.

2. Sovereignty:A government that does not tow the USA line, does not kowtow to the neo-liberal dictates of the International Monetary Fund and the World Bank, insisting that its people are sovereign and will decide their own future and aspires to build a socialist, humanist society, will not be tolerated by the remaining super-power. Especially one from the region the USA still considers its “back yard”. How dare the Venezuelan government nationalize its natural resources, pull its army out of the infamous Military School of the Americas, and sell its oil to other countries not exclusively to the USA!

3. Economic warfare: There is a systematic, strategic plan devised by Washington to deny Venezuelans food and medicines. Its executors are the large corporations, commercial elite and the banks. It could not be clearer. In 1972-73 the USA, outraged that Dr. Salvador Allende, a Communist had fairly won the elections in Chile, vowed to get rid of him. President Nixon famously said: we will make the economy of Chile scream. And so it happened. Before the awful coup that took Allende’s life, the economy of Chile was subject to hoarding, induced scarcity, inflation, monetary manipulations, sabotage and contraband. It is the same scenario in Venezuela but even worse. It is now 5 years of economic warfare, whereby Venezuelan economic elites, lackeys of foreign powers, are so thoroughly financially backed they can implement the hoarding, sabotage, warehousing, monetary manipulation, financial exclusion, and contraband.

4. Corrupt, racist elite:Venezuela’s elite controlled the government for years – they were the beneficiaries of all the petroleum income. During 40 years they appropriated and ill spent the equivalent of 12 Marshall Plans. In 1999 when President Hugo Chávez was elected, poverty was between 60-80% and extreme poverty and malnutrition affected one third of the nation. The Bolivarian Revolution of Venezuela has dramatically reduced poverty, malnutrition, homelessness, and has provided universal health care and free education from daycare to university. It has built these last few years, 2 million public housing units.

The Venezuelan elite has shown by its appalling violence in opposition that it is selfish, vile, and racist, to the point of paying criminals to set fire to public buildings, killing passersby, attacking a maternity hospital, throwing grenades from a helicopter at the Supreme Court, destroying public busses and most horrific, setting fire to young men “who looked Chavista”, in other words, they were dark skinned. These elite do not care how much their own people suffer so long as the foreign powers hand them over the government they are incapable of winning at the polls. Main opposition leaders have travelled the world asking powerful countries to sanction and isolate diplomatically and financially their own country, not caring that food and medicines would become scarce.

5. Excellent election process: It is outrageous, even in this political climate of lies and misinformation, that anyone could consider that Venezuelan government is not democratic and President Maduro is a dictator. In 19 years there have been 23 different elections, all monitored by domestic and international witnesses and the government has won most but also lost a few. And, most relevantly, the ex-president of the USA, Jimmy Carter declared in 2012 that: “As a matter of fact, of the 92 elections that we’ve monitored I would say that the election process in Venezuela is the best in the world.” The anti-fraud protection of the system is very effective as each vote has three guarantees: fingerprint, an electronic vote and a paper receipt. Furthermore, there is a robust presence of domestic and international observers. Ironically, the USA, Canada, nor most European countries accept international observers to their elections.

6. Presidential elections on 20 May 2018: The USA and its allies are involved in subversion and disqualification of Venezuela’s democracy by discrediting the coming 20 May presidential elections. After aggressively demanding these elections, now they decry them and demand they stop– because they know the majority of Venezuelans support their own government.

In an astonishing example of colonial mentality hypocrisy, the European Parliament on May 3 passed a resolution (492 in favor, 87 against, 77 abstentions) demanding that Venezuela suspend the presidential elections. European arrogance obviously stretches to demanding that another country (even one outside Europe!) disregard its own rule of law, its electoral regulations and its negotiated arrangements with the leaders of their opposition.

The USA, Canada, the European Union, the OEA and the so-called Lima group of lackey right wing governments of the region, are attacking the very elections that last year they had clamored to take place. The Venezuelan laws prescribe that the elections were to take place in December 2018 but they wanted the elections last year. The government negotiated with the opposition in the Dominican Republic and an April 2018 date was agreed upon. The opposition asked for more time; the government again agreed and they settled on the 20 May 2018 date.

Now the European Union, says it “does not accept” the elections because there are no “guarantees” without specifying what they mean, they ask for a “return to the constitutional order” without allusion or attempt to know and understand Venezuelan laws and Constitution.

Actually, it is the USA strategy of abstention that the main opposition leaders are following so that the elections can be disqualified. They refused to stand for election and are urging the people NOT to vote. The government has repeatedly asked these opposition parties to stand for election. They are trying to demonize an otherwise sterling electoral system. In sum, it is a montage, a theater scenario to continue to demonize, antagonize, and sanction a government they wish to overthrow. Fortunately, the opposition is all divided among themselves, and a few leaders are running in the elections, despite the fierce criticism of their own fellow oppositionists.

Meanwhile, a most respected polling company in Venezuela has had some recent interesting results related to the presidential elections of May 20:

  • 86% of Venezuelans reject any international intervention in the country
  • 70% of Venezuelans say they are going to participate in the elections – this is another defeat for the section of the opposition, Washington backed, that is calling for abstention
  • 55% state they will vote for Maduro
  • 11% state they will vote for Henri Falcon
  • 2% state they will vote for Javier Bertucci
  • 50% state that they consider the workings of the National Constitutional Assembly as: “Very Good, Good, or Regular to Good”
  • 71% consider that Maduro will win the elections. (2May 2018, TELESUR)

There is strong confidence that democracy in Venezuela is alive and well, and that is why the USA, Canada, European Union and its allies are afraid of it.

In summary USA and its allies in Canada and Europe are involved in a conspiracy to overthrow the democratic and popular government of Nicolás Maduro because they want to control the richest deposit of petroleum in the world that lies in Venezuela and they want a sheepish, obedient government that will accept the bribes and allow the USA and its multinational corporations to rule and oppress the Venezuelan people as they did in the past 40 years before President Hugo Chávez.

How do you explain the relentlessness of US imperialism to destabilize all the progressive governments of Latin America?

Is there an adequate explanation for greed, prejudice and the hubris of wanting to dominate the world?

There is the question of natural resources, which the USA needs for its voracious type of capitalism. They have used up or are losing resources due to reckless lack of environmental protections and unbridled consumerism. The Latin American region sparkles with untold riches – another El Dorado for this “savage capitalism” as Chavez called it.

The USA’s quest for power is masked under the idea of its “exceptionalism”, similar to that of the British Empire’s taking on “the white man’s burden” as excuses for oppressing other nations. There is a historical record, clear evidence, that the USA has opposed, destabilized, overthrown or assassinated every progressive reformer that has appeared on the political scene in the region for more than a century. Its aggressive policies started back in the 19th century when it openly stole from Mexico by wars and duplicity 50% of its present southwestern lands that include California, Texas, New Mexico, Arizona, Nevada, Utah, Colorado, Wyoming, Kansas and Oklahoma. The Monroe Doctrine is a document of blatant colonialism in which the USA attributes to itself the “protection” of the region. The creation of the Organization of American States is the implement by which the USA has maneuvered to impose its policies on the region and the sinister School of the Americas the means by which it controlled the armed forces of the different countries. The IMF and the WB became the poisonous lure by which their economies were ensnared by usury. The USA’s relentlessness is a mix of greed -in wanting their natural resources and expansion for its capitalist corporations – and also prejudice. Its racist proclivity goes very deep into USA culture and history. The remnants of its bloody Civil War remain visible today in the treatment of Black citizens, who are disproportionally imprisoned and killed by police. Latin American and Caribbean black and brown people seem to be viewed as lesser beings. Just recently President Trump referred to Mexicans as criminals and rapists and to African nations as “shithole” countries.

What is your analysis of the impeachment of Dilma Rousseff and the imprisonment of President Lula? In your opinion, is it a coincidence that President Lula is imprisoned when all the polls gave him victory in the future Brazilian elections? Do you not think that this is a vulgar manipulation and a plot?

We are witnessing the corruption of the very framework of democracy, as we have understood it so far. It is called LAWFARE, by which parliament and judicial powers are manipulated in such a way to eliminate political opponents and make a mockery of a people’s electoral preferences. This is how Dilma Rousseff, Lula, and Cristina Fernandez have been sidelined. They are trying to do the same to Rafael Correa who even out of power is considered a threat. They try to do the same to President Maduro by holding ridiculous extra-territorial trials trying to manipulate international laws. Nothing of this has to do with justice or democracy, but for eliminating powerful political opponents by other means than elections because the right wing cannot get the popular vote. Their bigotry, narrowness, “austerity measures” to reduce the welfare state, all are issues that do not make people want to vote for them, unless, of course, they lie about what they intend to do (like Macri and Lenin Moreno did).

Lawfare is twisting and deforming the rule of law, which is a very dangerous thing to do. These right-wingers do not respect the rules of representative democracy. In order to control the government administration they are prepared to bash the pillars of the State itself. In their corruption, to suit their ambitions, they bring into disrepute the Judicial Power and the Legislative Power. This will inevitably lead the left wing, progressive government (and they will come to power again) to re-write the rules of democracy by strengthening Participatory Democracy, by democratizing the banks and the media both which have prostituted themselves in the altar of unbridled fawning before the powerful and, by implementing new creative laws to protect the human rights and will of the people.

How do you explain the fact that the far right is coming back in force in Latin America, especially in Brazil and Argentina, after having progressive governments?

Some progressive governments, notably Brazil, Argentina and even Ecuador, believed that winning the political elections was power enough. They were playing with a deck of cards that they did not realize were marked against them. The power of the right wing (and their foreign backers) was underestimated, and the foreign influence was not checked. For example, despite knowledge that the USA embassy staff meet with the opposition, awarded them and financing them, little effectively was done for many years. Foreign consultants and foreign money flowed to opposition NGOs. None of this would have TOLERATED in the USA, Canada or Europe. In Brazil, the political change under Lula was not reflected in structural legal changes, like they were in Venezuela and a strong alliance with social movements was faulty.

One of the first things President Chávez did was call for a new Constitution that was crucial to carry out the kind of change that the country needed. As well, in Venezuela the social movements of every sort (indigenous, agrarian, cultural, student, gender focused, workers, etc.) were incorporated as actors in the political scene, this led to a deep “conscientisation” (as the famed Brazilian educator Paulo Freire would have said) in which a people become conscious of their oppression, of their situation in the political sphere and begin to act as a united class unto itself (as Marx would have said). This happened less in the other countries where the right wing came back into power. But experience and necessity are great teachers, and the people in the countries where today the right wing have control will soon take a different course.

The truth is that it is the left wing governments that repeatedly restore human rights and protect democracy in the region. The right-wing governments in Latin America today are unable to command the popular vote and have come to power through corruption (Peru, Colombia, Panamá), fraud (México), coup d’état (Honduras) and with parliamentary and legal coups (Brazil, Paraguay). Macri and Ecuador under Moreno being the only exceptions, as they clearly won the elections, but some would say by masking their real intentions. We will see a new “red tide” and sooner rather than later in the region as once people have tasted sovereignty, they are not likely to crawl back to their chains.

We have information about the presence of Daesh terror elements that will be used against what remains of progressive governments in Latin America, for example Venezuela. Do you have any information about this?

I have no personal information, only what people along the border with Colombia have told me: the danger of continuous raids by paramilitary, the murder of community leaders by said paid killers, and the blatant organized contraband that occurs there. Colombia has a terrifying history of violence, murder and massacre. Just last week collective graves were found in that country with 9000 bodies. The cooperation of the Colombian army with paramilitary and narco-traffic mafias is legendary. And with seven USA military bases in Colombia, it is not at all unlikely that there are plans to unleash terror in Venezuela to overthrow the government. Currently, there are 3000 Colombian troops at the border, sent there, according to Colombian President Santos, in readiness for a “humanitarian” intervention in Venezuela. If any kind of invasion happens there will be full-scale war and it will engulf the region.

One important news that the world press has refused to publish is that just a few weeks ago the United Nations independent official rapporteur, Professor Alfred M. Zayas has most emphatically declared that there is no “humanitarian crisis” in Venezuela despite media reports and generalizations. “…the population does not suffer from hunger as for example in many countries of Africa and Asia – or even in the favelas of São Paolo and other urban areas in Brazil and other Latin American countries…“humanitarian crisis” can be easily exploited to justify “regime change”, under the pretext that the government lets the population starve. Some states pretend that the Venezuelan government can no longer guarantee the rights of the people. Hence, a humanitarian crisis emerged and now they want to intervene militarily to “save” the Venezuelan people from a failed socialist experiment.”(venezuelanalysis.com/analysis/13614)

I interviewed her Excellency the Ambassador of Venezuela to Belgium and the European Union, Mrs. Claudia Salerno Caldera, and I asked her about the possibility of a US military intervention in Venezuela. She answered me in the affirmative. Do you think that the US can intervene militarily against the legitimate government of President Maduro?

With such an unbalanced fellow in the White House any recklessness is possible. However, I think that they would use Colombian troops and possibly from Brazil and Guyana. Why risk your own soldiers when you have easy cannon fodder available to you from such willing, debased governments?

However, Colombia is having presidential elections on May 27th that is 7 days after the Venezuelan elections (May 20). This means the Colombian government cannot invade Venezuela before this date lest it risk its electoral campaign, which is not looking good for the government. As well, there are millions of Colombians who feel favorably towards a Venezuela that has treated so well their 2 million compatriots that now reside there. So a Colombian incursion inside Venezuela may also risk serious domestic unrest for the government, this is certainly what has stopped Colombia from entering Venezuela all these years.

The Colombian army is three times the size of the Venezuelan army. It is experienced in war as it has been battling guerillas for 50 years, and it has resources and arms available to them through the seven USA army bases stationed there. However, it is largely a demoralized army that does not have a quarter of the morale and determination of Venezuela’s army, the army of Bolívar. And anyone who knows about military matters will tell you that an army’s morale is crucial for success. Furthermore, Venezuela has a united, inspired and very proud people that will fiercely defend its land.

The Venezuelan government also is not alone; it has the backing of many non-aligned countries, of China and Russia, and not the least, most of the Caribbean, including of course, Cuba. Russia and China have both cautioned the USA not to interfere in the government of Venezuela. Their investments in Venezuela are substantial and they would not stand by to see Venezuela invaded. These investments are very welcomed by Latin American countries as they do not come with policy “strings attached” as the IMF and WB investments do. They are another sore issue for the USA.

How do you explain the sanctions that the United States and the European Union want to impose to the legitimate government of President Maduro?

The USA sanctions are part of their economic war against Venezuela. They are a violation of international law: they are against the charters of the UN and the OAS, against the International Covenant of Civil and Political Rights and the International Covenant of Economic, Civil and Cultural Rights and constitute a crime against humanity because they are intentionally creating suffering of people. In short, they are immoral as they prevent the country from buying food and medicines.

The Canadian and European governments are shamefully bowing to a most ignorant and venal president of the USA. Venezuela means nothing to these countries, so they think: “Let’s give Trump his pet peeve and let him have Venezuela. These sanctions do not affect us at all, and maybe we can get on the “good” side of Trump.” Pathetically, they think he has a good side. Canada is bending backwards to please Trump so he won’t trash the NAFTA agreement and the European Union still thinks Trump is a worthy ally. One would expect that allies, USA-friendly governments such as these, would try to influence a neophyte and erratic USA president towards peaceful co-existence with other countries. They should learn dignity and uprightness from the Caribbean nations instead of patting the bully on the back.

In your opinion, will US imperialism and its flunkies ever stop wanting to destabilize countries and impose their dictates on the peoples?

In the short term, under this Trump administration, no. However, in the long term when their many trillion dollars deficit finally hits the wall, and they see that the dollar is no longer the universal currency of commerce, they might relent as domestic issues will take priority for them instead of trying to dominate other lands. What I wish for the people of the United States, is a leader, a party, a government that will take care of their educational, health and housing needs, that will realize that being the policeman of the world is not worth their suffering and that cooperation and solidarity with the peoples of the world will reap many riches that they now do not even guess exist. For this they must come to the conclusion that their military/industrial complex has only brought them disease, depression, poverty, deaths and, the scorn of most of the world.

I was very impressed that Bernie Sanders was able to attract youth in a meaningful political way, as well the fact that he made the word Socialism acceptable in the US political scene – quite a feat! So maybe there is hope yet for the USA – and the world.

What remains of credibility to these media in the service of imperialism that are financed by the multinationals and who spend their time not to tell the truth but to diffuse brainwashing and to relay the propaganda of imperialism to remove legitimate political powers like the one of President Maduro?

It is not such a complicated problem, all it would take is for courageous governments to dismantle media conglomerates, disallow those monopolies. If this happens, we can have many media outlets, independent thinkers, creative journalism, and at last, a media that has true standards and regulations. In other words, we need the democratization of the media, de-coupling it from large corporations, from the Murdochs and such of this world. When very few people own newspapers, TV and radio, when it is large corporations that decide what we hear and learn, then we become enslaved to their misinformation and untruths for the sake of their economic and political interests. We are conned with vague notions of “the right to know” and “freedom of the press” which only work one way.

Venezuela has been a clear victim of a media campaign of lies and exaggerations to vilify a government that the US State Department wants to destroy. Thus stories of “Venezuelans eating zoo animals” “people killing horses”, “mothers abandoning children by the road side” “people dying of malnutrition”, “indigenous people being taught Arabic (as if this were a crime)” “Maduro want to be president for live” all elaborate lies that are presented as facts.

When President Chávez was confronted with the open, militant opposition of the main TV and radio of his country that are privately owned, he did not shut them down (as a dictator would have done). He provided the means by which hundreds of poor neighborhoods and communal councils were able to establish their own local radio stations and even TV stations, where people could express their own concerns, make up their own programs that truly interested them. It was one way of democratizing the media. These are not government-controlled media, they are genuine independent community media, indeed, they are not shy to criticize and point out deficiencies in the administration.

US imperialism and its allies continue to bore us with « human rights, » « democracy, » and « freedom of speech, » while they do the opposite by destabilizing countries and intervening everywhere in the world. How do you describe these hostile acts that target sovereign states? In your opinion, is the United States a true democracy where the people hold power, or is it rather a minority that is leading?

In Canada, we get, unsolicited, the New York Times with the Sunday edition of one of our main newspapers. Since I am dismayed by the lies of the NYT about Venezuela, the only part that I read is its Sunday Book Review insert. A week ago, they reviewed 4 books, all of which had a variation of the title: what is wrong with democracy in USA. So, it is not only those of us outside the USA that have observed the steady deterioration of their social and political life, but thoughtful, intelligent people of the USA who are noting and experiencing this deterioration.

The War Idol permeates that society with its wars of conquest, its bombs and drones, its secret prisons, its acceptance of torture, its revolting treatment of Black and Hispanic people, its predatory stance toward Nature, its gun culture, its shameful imprisonment record, its poor voter participation, its gun massacres, its arms industry, and its violence and sex-obsessed entertainment industry, all wear down the sane, positive, life-affirming ideals that may float in the collective imagination and longing of US citizens. Its democracy, and the very fabric of their social life as a nation, is an object of worry even to their citizens. The USA is coming to a crossroad where it will have to choose between a way of life that adores Death and Conquest or one that adores Life and Peace.

The situation is serious. I am Algerian and my country which is an ally of Venezuela is targeted by different occult circles related to imperialism. Do you not think that countries like Algeria, Venezuela, Cuba, etc. must form a common front more than ever necessary for the safeguarding of their sovereignty? Is there not a need for a global front against imperialism?

Absolutely, and do not think that this is not happening. Venezuela has cultivated strong bonds with Cuba, Bolivia, Nicaragua, the Caribbean, many African and former Soviet nations, Algeria and may other Arab countries, India, China and Russia. Witness the votes in the UN and the OAS where the USA has not managed to condemn Venezuela because it cannot get the votes.

Just a few days ago, the new USA ambassador to the OAS, Carlos Trujillo, most arrogantly, threatened the Caribbean countries for their support for Venezuela saying: “we will not permit the Caribbean to block the efforts of the majority of the nations of the region to pressure the government of Venezuela.” (2018/05/18 apporea.com)

There is strength in unity and these countries share similar challenges and are facing practically, the same foes. The ALBA organization is an excellent example of creative international solidarity, in which countries band together to manufacture the medicines they need, promote the agriculture for their domestic consumptions, and meet their educational needs. PETROCARIBE is another example of creative international solidarity in which Venezuelan oil is available to small Caribbean countries under special terms. I wish for more organizations such as ALBA and PETROCARIBE.

Israel continues to kill Palestinians especially in recent demonstrations claiming for the right to return. How is it that Israel remains unpunished for the many crimes it continues to commit?

I have no special insight about the Middle East, not knowing Arabic, not personally knowing the region, or having more information than what I read in the media. And I distrust so much of what there is to read: if the press lies about Latin America that I know so much about, will it not be lying about a region that I know so little about?

However, my personal and in no way an expert opinion, is that you either kill your enemy or you sit down with them and negotiate. There is no middle ground. Violence begets violence and that is a wise truism. The long-suffering Palestinians have borne the brunt of a very powerfully armed neighbor. I am sorry, but I do not know enough about the situation to give any deeper insight except that a two state solution seems to be what may bring peace with justice. And that within Israel, the peace movement there will have to be a key element of that political solution to pressure their own government.

How do you explain that whenever Resisters and Righteous people support the cause of the Palestinian people, they are called anti-Semites?

This is a slur that is very dangerous to throw around as we all know the appalling death and destruction that real anti-Semites have committed historically in Europe. As well, on the other side, there are people that accuse others of being Zionists when they disagree on any point they do not like.

These are ad hominem insults that mediocre people use when they have run out of arguments. In a polarized situation these insults help no one nor do it help find solutions and, are quite despicable.

We live in a time when – unthinkably – fascists rise in all sorts of countries, political charlatans make fun of values we thought were universally held, a time of irresponsible tweets, of cowardly emails, of slinging of mud not caring where it lands, and poor, undiscerning journalism. But we must rise above it all, maintain our principles and values, refuse to play their dirty games, set an example, and preserve our own dignity.

Interview realized by Mohsen Abdelmoumen

https://ahtribune.com/world/americas/2264-maria-paez-victor.html

Who is María Páez Víctor?

Dr. Maria Páez Victor is a sociologist, born in Venezuela and educated in Caracas, New York, Mexico City, England and Canada. For several years she taught the sociology of health and medicine as well as health and environmental policies at the University of Toronto. Dr. Páez Victor has national and international experience in policy analysis and impact assessment, with expertise in the areas of health, environment, and energy. She is an active member of the Latin American community in Canada.

She administered the Sustainable Energy Development Scholarships, an international graduate grant program of the G8 energy companies, 2002-2011. Lecturer at University of Toronto, she taught Sociology of Health and Medicine course; Health and Environment Policies course, part-time, 1992-96 and 2003-2005. She obtains her Ph.D. (Sociology) at York University, Toronto, Canada 1987. She was voluntary work, in Mater Misericordia Hospital, Nairobi, Kenya, 1985-1987.

An open letter to Prime Minister Justin Trudeau

You know how it feels Prime Minister to have Canada declared a risk to US security and for that to be used as a basis for tariffs. Perhaps now you could spare a thought for Venezuela that was declared (twice) “an unusual and extraordinary” risk to US security?

Dear Prime Minister:

USA president Donald Trump has insulted Canada by saying it is a security risk and stating that as a reason for imposing tariffs on Canadian steel and aluminum.

All Canadians, myself include, are aghast at such a disrespectful lie especially considering that Canada fought along side US troops in two World Wars, the Korean War and lately in Syria.

Furthermore, he insulted you, our representative, accusing you of being meek, weak, of stabbing him in the back, and he threatened dire consequences.

Trump is a very disagreeable man, one of the most disreputable US presidents in living memory, and whose popularity daily is suffering. And because Trump is, judging by his evident behavior, a vain bully, there is also some jealousy toward you, not least because of your popularity within Canada and outside it.

So you know how it feels Prime Minister to have Canada declared a risk to US security and for that to be used as a basis for tariffs. Perhaps now you could spare a thought for Venezuela that was declared (twice) “an unusual and extraordinary” risk to US security? Venezuela, a country that has never gone to war or invaded any neighbor, that has a very small armed forces and no state-of-the art military weapons? Nor, unlike several other countries, has Venezuela been accused of harboring terrorists. Only a thoroughly deluded person could think that Venezuela threatens the security of the world’s superpower.

Yet your government has joined President Trump in declaring President Nicolas Maduro a dictator. Your Minister of Foreign Affairs denounced –a priori- the May 20, 2018 presidential election as fraudulent despite the assessment to the contrary of 2000 international witnesses. Ironically, in the name of democracy, Canadians-Venezuelans were prohibited from voting in the election at Venezuelan consulates in Canada. And, astonishingly, your government has also imposed economic sanctions on that country.

You should know that these US and Canadian sanctions are a violation of international law. They contravene the charters of the UN and the OAS, the International Covenant of Civil and Political Rights, the International Covenant of Economic, Civil and Cultural Rights and they constitute a crime against humanity because they are specifically intended to create suffering of people by preventing them from buying food and medicines.

It is not only Venezuelans that are suffering from these sanctions. For a very long time they have known not to trust the United States which has designs on its oil and resents any kind of opposition coming from within its so-called back yard. Canada, on the other hand, has been a good friend to the region. Now Canada’s reputation in Venezuela and in numerous supportive countries has been sullied. We are seen as a lackey of the US government, willing to go along with almost anything it does in a vain attempt to curry favour with Trump and to protect a trade deal. Recent events show the folly of such an unprincipled approach to foreign policy.

Sir, giving in to a bully never works: rescue Canada’s reputation and rescind Canada’s ill-advised, immoral and illegal sanctions against Venezuela. By doing so you will be defending Canadian values and interests and showing the leadership of which we know you are capable.

Most sincerely,

Dr. Maria Páez Victor

Chair of the Board

Canadian, Latin American and Caribbean Policy Centre

mpaez@sympatico.ca

CAL&C Policy Centre commends The Star for publishing article by Linda McQuaig on Venezuela.

In a letter to The Star, Dr. Maria Páez Victor, Chair of the Board of the Canadian, Latin American and Caribbean Policy Centre, commended the Canadian newspaper for publishing an article by Linda McQuaig on Venezuela.

On behalf of the Canadian, Latin American and Caribbean Policy Centre, we wish to commend The Star for publishing today’s article by Linda McQuaig on Venezuela.
https://www.thestar.com/opinion/star-columnists/2018/03/15/canada-on-wrong-side-of-venezuelan-conflict.html.

It is a source of great frustration to those of us who have first hand knowledge and experience in Latin America to see that overwhelmingly the news that Canadian media publish on Venezuela comes through the biased news agencies of the USA, thereby negating a Canadian view of the political and social situations that arise in Latin America.

Specifically, with respect to Venezuela – that has the largest oil deposit in this Hemisphere- there is a clear and open attempt by the Trump Adminstration to effect “regime change” there, precisely to obtain control of its oil resources. It is a country that is clearly democratic . Its next presidential election are on 20 May, as agreed with the opposition. The Venezuelan electoral process has been hailed by former USA president Jimmy Carter as the best in the world. Its economic woes are due less to government policies as to a confessed and concerted action by the USA to bring down its economy, similar to the assault that Chile underwent when Nixon and Kissinger vowed to “make Chile’s economy scream” before they orchestrated the coup that killed Allende.

It is more than sad that Canada, under Minister C. Freelan has chosen to engage in regime change with its sanctions against Venezuela that are a violation of international law, rather than the long standing Canadian tradition not to interfere in the domestic policies of other nations.

It is most refreshing to see an article well written, well researched such as that of Linda McQuaig. If you have any doubts as to the veracity of her column, we are most prepared to meet with you and provide ample evidential data that will corroborate her words.

Most sincerely,

Dr. Maria Páez Victor
Chair of the Board
The Canadian, Latin American and Caribbean Policy Centre
www.calcentre.ca

Linda McQuaig: Canada’s Venezuela sanctions inflict hardship, endorse right wing elite

By: Linda McQuaig For Metro Published on Wed Mar 14 2018

What’s going on in Venezuela is a bitter class war, writes Linda McQuaig.

In terms of foreign policy damage, whatever harm Justin Trudeau did by parading around India in colourful outfits is a nothing-burger compared to the severe hardship he is inflicting on Venezuela.

And yet media commentators have been full-throttle in denouncing the prime minister’s alleged wardrobe malfunction on his recent India trip while being silent – or downright supportive – of Trudeau’s decision last fall to join the Trump administration in imposing sanctions on the struggling South American nation.

Anyone following the international media coverage would conclude that the Venezuelan government is terribly autocratic and that Western nations, led by the U.S., have stepped in with sanctions out of concern over human rights abuses there.

A closer look suggests a different scenario that puts Western actions in a less laudable light: Washington is waging economic war against a nation that dared to rise up and reject U.S. control over its ample oil reserves.

The Obama administration targeted individual Venezuelans with sanctions, but the Trump administration’s sanctions are much broader, taking punishing aim at the country’s entire economy.

Sadly, Trudeau is backing up the U.S. bully, apparently hoping to win a reprieve from Trump’s arbitrary trade measures – a strategy that seems unfair to Venezuela and also likely futile. We’ll return to Canada’s sorry role in this saga in a moment.

Venezuela has been in Washington’s cross hairs ever since the dramatic 1998 election of Hugo Chavez, a charismatic, populist leader – and this is one case where the word “populist” legitimately applies.

Unlike the “populist” Donald Trump, Chavez actually came from humble beginnings — his roots are Afro-Indigenous — and he actually championed his country’s large peasant population.

Indeed, unlike many Third World leaders who siphon off their nation’s wealth in cahoots with foreign multinationals and local elites, Chavez enraged Washington by nationalizing Venezuela’s oil and redirecting the wealth to health care, education, housing and food for the poor.

Venezuela’s wealthy elite, angry about losing their privileged position, vowed to overthrow Chavez – and briefly did in a violent 2002 coup, with the help of Washington, before being repelled two days later when hundreds of thousands of pro-Chavez demonstrators from poor neighbourhoods took to the streets of Caracas.

Many in the elite had worked for the U.S.-owned oil industry when it effectively ran the oil-rich nation. And, like the Cuban elite after Fidel Castro nationalized U.S.-owned industry there, the Venezuelan elite has remained close to Washington.

After the failed 2002 coup, Venezuela’s elite concentrated on demonizing Chavez – and Nicolas Maduro, his hand-picked successor, who narrowly won election following Chavez’s death from cancer in 2013.

Although lacking Chavez’s charisma, Maduro has continued to win elections even as the country’s economy has plunged, along with world oil prices. Frustrated, the opposition has adopted increasingly violent tactics – including a bizarre attack last year when rebels dropped grenades from a helicopter on the country’s Supreme Court.

Alfred de Zayas, a UN-appointed expert sent to investigate the chaos last fall, met with dozens of opposition activists as well as church and human rights groups, and concluded that the Maduro regime has made “major mistakes including excessive force by the police.”

But de Zayas also found that popular support for the Chavez revolution remains strong. And he accused anti-government demonstrators of having “attacked hospitals, nursery schools, burned ambulances and buses in order to intimidate the people. Is this not classic terrorism?”

The UN expert also explained that the sanctions – which he considers reminiscent of U.S. measures against Chile’s Salvador Allende in the 1970s – are aggravating the suffering of Venezuelans, and he called for them to end. “That would be the greatest help,” he said.

But Canada refuses to listen. Our sanctions aren’t as broad as Trump’s, but they lend Canadian credibility to penalizing Venezuela, thereby providing political cover for the harsh U.S. measures.

And so we continue to inflict sanctions on Venezuela, citing the lofty goal of defending human rights – even while we actively trade and sell arms to full-fledged dictatorships, such as Saudi Arabia.

What’s going on in Venezuela is a bitter class war, with millions of poor people committed to defending a revolution carried out in their name, and Canada taking the side of the wealthy, well-armed opposition.

Linda McQuaig interviewed Hugo Chavez in Caracas in 2004 for a book she wrote on the geopolitics of oil.

http://www.metronews.ca/views/2018/03/14/linda-mcquaig-canada-s-venezuela-sanctions-inflict-hardship-endorse-right-wing-elite.html

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